Ces parents brisent le silence et témoignent contre un animateur périscolaire accusé d’avoir agressé leur fille de 3 ans et demi à l’école maternelle
Selon une enquête relayée par Elle magazine, pas moins de 60 procédures pour violences sexuelles commises en milieu scolaire sont actuellement en cours à Paris. Une majorité de ces faits présumés se seraient produits durant le temps périscolaire, un moment souvent moins encadré que les heures de classe. Dans de nombreux dossiers, ce sont des animateurs périscolaires qui sont mis en cause pour des agressions sexuelles sur mineurs.
Cette problématique grave est au cœur d’une nouvelle enquête de Cash Investigation, diffusée le jeudi 29 janvier 2026 sur France 2. L’émission présentée par Élise Lucet s’interroge sur les failles du système, notamment en matière de recrutement et de conditions de travail des animateurs. « De nombreuses mairies ne vérifient pas suffisamment les profils », souligne l’équipe de la journaliste. Un constat alarmant qui fait directement écho au témoignage de Jérôme et Anne, prénoms d’emprunt, dont la fille aurait été victime d’abus au sein de son école.
Avant Cash Investigation, ces parents avaient déjà dénoncé les violences sexuelles à l’école
Face caméra, mais en préservant leur anonymat, les parents racontent : « Nous sommes les parents d’une petite fille qui a été agressée sexuellement dans une école du 11ᵉ arrondissement de Paris, l’école maternelle Baudin ». C’est dans les colonnes de Elle magazine que le couple a accepté de revenir sur ce qu’ils décrivent comme un cauchemar. Leur fille n’avait que 3 ans et demi au moment des faits présumés.
« C’était juste avant les vacances d’avril », se rappelle Anne. Très vite, des rumeurs inquiétantes circulent. « On a appris que plusieurs enfants auraient été victimes d’agressions et que deux plaintes avaient déjà été déposées au commissariat du quartier », explique-t-elle. Une révélation qui pousse la mère à tenter de comprendre ce que sa propre fille a pu vivre, avec une angoisse immense et beaucoup de précautions.
Lors d’un moment calme au parc, Anne pose des questions difficiles à son enfant. Sans entrer dans des détails insoutenables, la fillette laisse entendre des gestes déplacés et des comportements inappropriés de la part de l’animateur. « À cet instant, tout s’effondre », confie la mère. « J’ai compris que quelque chose de très grave s’était produit ». Un choc dont elle dit encore aujourd’hui ressentir les effets.
Violences sexuelles à l’école : un animateur déjà signalé et connu des services de l’Éducation nationale
En larmes, Anne raconte la suite : « J’ai été prise de nausées, je suis allée m’isoler ». Très vite, une question obsède le couple : ces faits auraient-ils pu être évités ? Selon eux, la réponse est oui. Lors de réunions avec la direction de l’école, la DASCO et la CASP, ils découvrent que l’animateur avait déjà fait l’objet de signalements antérieurs.
« Une maman s’est levée en colère en rappelant qu’un premier signalement avait été fait dès septembre 2024 pour des faits similaires concernant son propre enfant », rapporte Jérôme. L’animateur aurait également eu des antécédents dans une autre école et aurait simplement été déplacé, sans réelle sanction. Pire encore, une dizaine d’incidents graves auraient été remontés aux autorités : comportements violents, menaces verbales, mises à l’écart d’enfants. « Tout était connu », s’indigne le couple.

Aujourd’hui, leur fille a changé d’établissement. « Elle va mieux », assurent ses parents, même si le chemin reste long. L’ancien animateur périscolaire, David G., âgé de 35 ans, devait être jugé en décembre par le tribunal correctionnel de Paris pour des agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans, concernant cinq enfants âgés de 3 à 5 ans.
Le procès a finalement été reporté au 26 mai 2026. Dans les médias, l’accusé a nié les faits, affirmant qu’« il n’y aurait pas eu de contacts à caractère intime ». En attendant la décision de justice, ces parents espèrent que leur témoignage contribuera à une prise de conscience collective et à une meilleure protection des enfants au sein des écoles.
