« Tous, nous serions transformés si nous avions le courage d’être ce que nous sommes. » Cette phrase de Marguerite Yourcenar donne le ton dès les premières pages. À travers son ouvrage, Alba Cardalda invite à revenir à l’essentiel : être soi-même tout en construisant des relations plus saines.
Loin de promouvoir l’égoïsme, elle montre que fixer ses limites est indispensable pour entretenir des liens solides. Dire non, accepter l’incertitude, ne plus culpabiliser ou encore gérer le rejet… autant de compétences clés pour mener une vie plus alignée et épanouissante.
Pourquoi avons-nous autant de mal à poser nos limites ?

Alba Cardalda : La première raison est simple : on ne nous a pas appris à exprimer clairement notre mal-être. Souvent, on oscille entre silence et agressivité, sans trouver le juste milieu. Résultat ? On garde tout pour soi… jusqu’à exploser.
Il y a aussi une dimension culturelle. On nous encourage à être gentils, serviables, à prioriser les autres. Mais à force, cela peut créer un profond déséquilibre émotionnel, où nos propres besoins passent au second plan.
Dire « non » : un acte de respect envers soi

Alba Cardalda : Beaucoup de blocages viennent de l’enfance. Si dire « non » provoquait colère, rejet ou manipulation, on a appris à l’éviter. Avec le temps, cela crée des peurs : peur de décevoir, d’être abandonné ou mal perçu.
On finit alors par croire que dire « oui » est plus acceptable que dire « non ». Pourtant, refuser est aussi une forme de respect — envers soi-même comme envers les autres.
Peut-on vraiment ne plus culpabiliser ?

Alba Cardalda : Éliminer totalement la culpabilité est irréaliste. Elle est liée à nos croyances profondes, souvent ancrées depuis l’enfance. En revanche, on peut apprendre à la comprendre et à la réduire.
Il est utile de se poser une question simple : « Est-ce que cette culpabilité est justifiée ? » Cela aide à prendre du recul. Mais attention, il existe aussi une culpabilité saine, celle qui nous empêche de nuire aux autres. Elle est essentielle pour vivre en société.
Dire « non » sans se justifier : est-ce possible ?
Alba Cardalda : Oui, mais cela dépend du contexte. Dire non sans explication est particulièrement utile lorsque quelqu’un dépasse clairement vos limites ou insiste lourdement.
Par exemple, dans des situations sociales, beaucoup ressentent le besoin de se justifier pour refuser. Pourtant, un simple « non » clair et assumé est suffisant. Vous n’avez pas toujours à vous expliquer.
Trouver l’équilibre entre bienveillance et affirmation de soi

Alba Cardalda : Être empathique ne veut pas dire s’oublier. La bienveillance consiste à comprendre les émotions de l’autre, tout en respectant ses propres limites.
L’important, c’est la manière de communiquer. Avec les bons mots, on peut poser des limites sans blesser. Et selon les situations, il faut parfois s’adapter : être flexible… ou rester ferme.
La peur du rejet : un frein majeur
Alba Cardalda : Accepter le rejet est essentiel. Et tout repose sur l’estime de soi. Plus elle est solide, plus il est facile de comprendre qu’un « non » ne remet pas en cause votre valeur.
Un refus parle souvent de l’autre, de ses besoins ou de ses limites — pas de vous. En prendre conscience permet de mieux vivre ces situations.
Faut-il accepter le conflit pour se respecter ?
Alba Cardalda : Les conflits sont inévitables dans toute relation. Et contrairement à ce qu’on pense, ils peuvent être constructifs. Bien gérés, ils renforcent même les liens.
Mais attention : un conflit sain n’est pas une domination ou une résignation. Il doit permettre un échange équilibré et une vraie résolution. Sinon, il devient destructeur.
S’éloigner des relations toxiques pour être heureux
Alba Cardalda : Les études, comme celle de Harvard, montrent que les relations sont essentielles au bonheur. Mais toutes les relations ne se valent pas.
Apprendre à dire non, voire à prendre ses distances avec certaines personnes, est parfois indispensable. S’entourer de relations positives est une base clé du bien-être durable.

Source : Psychologies.com
