Parmi les maladies les plus redoutables, le cancer du pancréas se distingue par sa gravité et sa résistance aux traitements. Sa progression rapide bouleverse la vie des patients, de leurs proches et des professionnels de santé. Mais une nouvelle étude menée par des chercheurs du Centre National de Recherche sur le Cancer (CNIO) a donné des résultats très encourageants. Grâce à une trithérapie inédite, toutes les tumeurs pancréatiques ont été éliminées chez des souris de laboratoire. Une avancée majeure qui pourrait bien marquer un tournant dans la lutte contre cette maladie redoutée.
Une approche thérapeutique prometteuse testée chez la souris
Des scientifiques espagnols ont mis au point une stratégie thérapeutique innovante, capable de susciter l’intérêt de toute la communauté scientifique. Menés au sein du CNIO, leurs travaux se concentrent sur l’adénocarcinome canalaire pancréatique – la forme la plus fréquente et agressive du cancer du pancréas. Le principe ? Combiner trois agents thérapeutiques agissant sur différents mécanismes cellulaires pour freiner, voire stopper, l’évolution de la maladie chez la souris.
Une trithérapie ciblée pour neutraliser la tumeur

Dans le cadre de cette étude préclinique, les chercheurs ont testé une combinaison de trois molécules sur des souris porteuses des mutations KRAS et TP53, deux anomalies fréquemment retrouvées chez l’humain dans les formes les plus virulentes du cancer pancréatique.
La trithérapie comprend :
- Daraxonrasib (RMC-6236) : un inhibiteur ciblant directement la mutation KRAS.
- Afatinib : un inhibiteur irréversible des récepteurs EGFR/HER2.
- SD36 : une molécule de type PROTAC qui dégrade la protéine STAT3, impliquée dans la survie des cellules tumorales.
Le résultat est sans précédent : une régression totale des tumeurs, aussi bien sur les tumeurs implantées localement que sur des modèles dérivés de patients. Mieux encore, plus de 200 jours après la fin du traitement, aucune rechute n’a été constatée. Le responsable du projet, Mariano Barbacid, souligne que cette approche ouvre la porte à de nouvelles thérapies combinées plus efficaces pour améliorer la survie des patients.
Quels bénéfices concrets ?
Les résultats observés sont spectaculaires : les tumeurs disparaissent totalement chez les souris, sans réapparition sur le long terme. Contrairement aux thérapies ciblant une seule voie, cette combinaison bloque simultanément trois chemins essentiels liés à KRAS, empêchant les cellules cancéreuses de contourner le traitement. Autre point positif : aucune toxicité importante n’a été observée, ce qui suggère un bon potentiel d’application chez l’humain.
Vers des essais sur l’homme ?
Malgré l’enthousiasme, les chercheurs restent prudents. Avant toute application clinique, des essais humains sont nécessaires pour vérifier la sécurité et l’efficacité de cette stratégie thérapeutique. Les causes majeures de ce cancer restent connues : tabagisme, surpoids et diabète. Mais cette découverte redonne espoir face à un cancer dont le pronostic est généralement très sombre.
Cette trithérapie sera-t-elle bientôt testée chez l’humain ?
Les résultats sur les souris sont très prometteurs. La prochaine étape, ce sont les essais cliniques chez l’humain. Même si aucune date précise n’a été donnée, les chercheurs espèrent lancer ces tests prochainement.
