Un droit inscrit dans la loi pour préparer la fin de carrière

Passé un certain âge, beaucoup de salariés commencent à se poser des questions sur la suite. Comment tenir le rythme jusqu’à la retraite ? Peut-on lever un peu le pied sans pénaliser sa fin de carrière ? Peu de personnes le savent, mais la loi prévoit un droit spécifique pour accompagner cette période charnière.
En effet, selon des informations relayées par le site Boursorama, il existe un dispositif encore largement ignoré, alors qu’il concerne des milliers de travailleurs. Et, en plus d’être un droit, c’est aussi une obligation pour l’employeur.
Depuis l’automne 2025, un nouveau droit est officiellement entré dans le Code du travail. Il découle de la loi dite « Seniors, dialogue social et transitions professionnelles », publiée au Journal officiel en octobre dernier. Son objectif : éviter que les dernières années avant la retraite ne soient subies, dans la fatigue ou l’incertitude.
Ainsi désormais, les employeurs ont l’obligation d’organiser un entretien spécifique de fin de carrière pour leurs salariés approchant de l’âge de la retraite.
Concrètement, cet entretien doit être proposé au cours des deux années qui précèdent le 60ᵉ anniversaire du salarié. Autrement dit, dès 58 ans, vous pouvez demander ce rendez-vous durant lequel vous pourrez anticiper vos conditions de travail des dernières années et préparer sereinement votre départ à la retraite.
L’idée est de créer un vrai temps d’échange, dédié à cette étape souvent délicate, et trop longtemps laissée dans le flou.
Un droit qui permet d’aménager concrètement les dernières années de travail
Le véritable intérêt de ce droit, c’est son contenu. Lors de cet entretien de fin de carrière, salarié et employeur peuvent aborder plusieurs pistes d’aménagement.
Le Code du travail prévoit que les discussions portent sur « les conditions de maintien dans l’emploi et les possibilités d’aménagements de fin de carrière ».
Par exemple, vous pouvez réduire progressivement votre activité professionnelle, sans couper brutalement avec le monde du travail.
Pour certains, cela signifie moins d’heures, moins de pression, et donc, un meilleur équilibre avec la santé ou la vie personnelle. Pour d’autres, cela permet de transmettre leurs compétences avant leur départ définitif.
Mais, attention : cet échange ne remplace pas l’entretien annuel classique. Il s’y ajoute. Il a une vocation bien spécifique, centrée sur la fin de parcours professionnel et les choix possibles avant la retraite.

Un droit que vous pouvez réclamer même si votre employeur l’ignore
C’est là que le bât blesse : dans les faits, beaucoup de salariés ne sont jamais informés de l’existence de ce droit. Et certains employeurs tardent encore à intégrer cette obligation dans leurs pratiques.
Pourtant, la loi est claire. Si l’entretien de fin de carrière ne vous est pas proposé spontanément, vous êtes en droit de le demander.
Ce rendez-vous est l’occasion d’exprimer vos attentes, vos limites, mais aussi vos envies pour la suite. C’est aussi un échange qui permet de savoir ce que l’entreprise peut réellement mettre en place.
Un cadre officiel à des discussions qui, auparavant, relevaient souvent du non-dit ou de l’arrangement informel.
En pratique, il vaut mieux ne pas attendre le dernier moment. Plus l’entretien est anticipé, plus les aménagements peuvent être réfléchis et organisés dans de bonnes conditions.
Pour les salariés concernés, c’est un levier précieux pour reprendre la main sur la fin de carrière, plutôt que de la subir.
Au final, ce droit méconnu change la philosophie du départ à la retraite. Il reconnaît que les dernières années de travail méritent un accompagnement spécifique, humain et réaliste. Encore faut-il le connaître… et oser le faire valoir.
