la période de 4 ans : peut on véritablement parler d’un  » fucking four » ?

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© Getty Images

Vers l’âge de quatre ans, certains parents parlent d’une période de « début d’adolescence ». Cette phase de « fucking four » est-elle pour autant réelle ? Qu’est-ce qui est en danger pendant cette période de quatre ans ?

Claire Leconte, professeure de psychologie de l’éducation, en parle.

Qu’est-ce qui est à risque lorsqu’un jeune a quatre ans ?

Chaque étape de la croissance d’un enfant présente des caractéristiques qui lui sont propres.

Vers l’âge de quatre ans, les préférences et les intérêts de votre enfant sont plus développés, ce qui lui permet de s’affirmer et d’exprimer ses opinions plus librement. De plus, à mesure que le vocabulaire de l’enfant se développe, il sera en mesure d’élaborer une meilleure argumentation pour se faire entendre.

À cet âge, ils sont capables de former des phrases entières et d’exprimer ce qu’ils ont rencontré en le situant dans le temps. Il peut conjuguer au passé, au présent et au futur et utiliser un vocabulaire croissant pour rendre ses phrases plus compréhensibles, qu’il s’agisse de pronoms (je, tu, nous) ou de coordinations (quand, où, avec, par).

C’est aussi l’âge où sa curiosité est piquée au vif. Il se pose beaucoup de questions, dont l’une est « pourquoi ? ». Du point de vue de la motricité et de l’autonomie, l’enfant de 4 ans se nourrit tout seul et s’habille de manière pratiquement indépendante, même s’il est encore irrité par certains mouvements comme les boutons ou les fermetures éclair.

Qu’est-ce que le putain de 4 ans, comme certains parents l’appellent ?

En réalité, le quatrième anniversaire semble être lié pour de nombreux parents à une étape particulièrement difficile à gérer, surnommée « Fucking four ».

Après le fameux « terrible two » au deuxième anniversaire de l’enfant, l’étape des quatre ans est parfois assimilée à une mini-crise d’adolescence, comme le souligne une mère : « Mon enfant est un vrai petit diable. »

Il discute de tout, remet tout en question, réagit à mon égard, s’énerve, essaie de m’influencer… J’ai hâte que ce soit terminé ! « , a-t-elle déclaré dans un message sur les réseaux sociaux.

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Ce mot met mal à l’aise Claire Leconte, professeur de psychopédagogie : « Cet énoncé de Fucking four donne l’impression que nous avons toujours dû catégoriser les enfants. D’un côté, les chercheurs ont fait des recherches sur le « terrible two », et l’âge de raison a été documenté et examiné depuis longtemps, notamment par Piaget… mais aucun expert n’a vraiment appréhendé l’ère des 4 ans. C’est une remarque courante chez les parents qui, je crois, souhaitent se rassurer  » explique-t-elle.

Elle considère le « putain de quatre » comme une continuation de l’épouvantable deux, mais avec un langage plus varié, plutôt que comme une étape distincte. « Je crois que les parents négligent souvent les réactions de leurs enfants face à de nouveaux comportements. Comme les enfants ont plus de mots pour contredire leurs parents, cette méthode d’évaluation des parents est simplement communiquée différemment », explique-t-elle.

Des limites sont fixées pour éviter les crises.

Notre spécialiste s’empresse de souligner que chaque enfant se développe à son propre rythme : « Le fait qu’il ait des frères et sœurs ou non, ainsi que l’écart d’âge entre eux, auront un impact important sur son attitude. Par conséquent, il est difficile de limiter un seul style de comportement à un certain âge. La meilleure chose à faire si vous vous inquiétez de la croissance de votre enfant est de consulter un médecin », explique-t-elle.

Elle rappelle aux parents, qui sont irrités ou même angoissés par le comportement de leur enfant, la nécessité de fixer des limites dès le plus jeune âge : « Il est naturel que les enfants remettent en question l’autorité de leurs parents, mais il est également important de leur fournir un cadre. Cela ne vous exclut pas pour autant d’être là pour votre enfant : « Même si sa fureur ne nous donne pas envie de l’écouter en cas de crise, il faut écouter ce qui se cache sous ce qu’il dit. Même s’il faut y revenir après que la tempête soit passée  » .

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L’importance du sommeil de l’enfant dans la gestion de ses émotions

Enfin, l’expert insiste sur la nécessité du sommeil et, surtout, sur l’importance de créer une routine nocturne pour le gamin, même s’il grandit : « Même si ce n’est que pour quelques instants, ce moment de proximité et de tranquillité entre le parent et l’enfant est crucial.

Il permet au jeune d’exprimer ses préoccupations ou ses questions à son parent. Permettre cette période d’interaction dans un cadre paisible assure à l’enfant qu’il aura la possibilité de s’exprimer s’il le souhaite, évitant peut-être des crises de frustration.

De plus, libérer certaines émotions avant d’aller se coucher pourrait aider le jeune à mieux dormir en évitant les cauchemars. Lorsqu’il s’agit de contrôler ses émotions, un jeune plus reposé est plus paisible. C’est un véritable cercle vertueux !

Référence : 

  • Magicmaman : Claire Leconte, professeur de psychologie de l’éducation