Le MV Hondius a accosté aux Canaries afin de permettre l’évacuation progressive de ses passagers. Parmi eux, cinq Français ont été rapatriés vers Paris, où ils doivent suivre une période de quarantaine. Après trois décès signalés à bord, les autorités sanitaires restent très attentives à l’évolution de la situation. Une question revient désormais avec insistance : faut-il craindre une propagation de l’hantavirus ?
Le navire de croisière MV Hondius est arrivé au port de Granadilla ce dimanche 10 mai, selon L’Internaute. À bord, le bateau transportait 150 personnes issues de 23 nationalités différentes. Durant le voyage, un foyer d’hantavirus a été identifié, ce qui a rapidement déclenché une réponse sanitaire encadrée.
D’après le journal El País, l’évacuation des 88 passagers a commencé dès la matinée. Parmi les personnes concernées figuraient notamment cinq ressortissants français. Un premier avion de rapatriement a quitté les Canaries à la mi-journée. Le représentant de l’ambassade de France a indiqué que les Français évacués allaient bien.
En France, la situation est suivie de près par les autorités. Une réunion à Matignon est prévue afin d’évaluer cette possible épidémie d’hantavirus et d’organiser les mesures nécessaires. Le chef du gouvernement, accompagné de plusieurs ministres, doit participer à cette réunion dans l’après-midi.
Le débarquement des passagers s’est fait de manière progressive, sous contrôle médical strict. La Guardia Civil a même utilisé des drones pour surveiller les opérations autour du navire. Les passagers portaient des combinaisons de protection au moment de quitter le bateau, afin de limiter tout risque sanitaire.
Au total, 23 personnes ont pu quitter le navire ce dimanche. Selon BFMTV, d’autres vols de rapatriement sont prévus jusqu’à lundi. Après ces opérations, le MV Hondius doit rejoindre le port de Rotterdam, aux Pays-Bas. Roland Seitre, l’un des Français présents à bord, a affirmé que l’évacuation s’était déroulée correctement. Le ministre espagnol de la Santé a, de son côté, qualifié cet accostage de succès.
Le retour des Français et l’épidémie d’hantavirus

L’avion transportant les cinq Français s’est posé au Bourget peu avant 16h30. Dès leur arrivée, ils ont été pris en charge par les autorités sanitaires françaises. Ces passagers doivent désormais intégrer l’hôpital Bichat, à Paris, pour une période d’observation de 72 heures.
Cette première étape permettra de réaliser des examens médicaux complets. Si les résultats sont négatifs, les passagers pourront ensuite rentrer chez eux. Toutefois, ils devront respecter un isolement strict de quarante jours. Cette mesure vise à éviter toute apparition d’une épidémie d’hantavirus en France.
Les autorités françaises veulent donc agir avec prudence. Une surveillance médicale adaptée sera maintenue pendant toute la période d’isolement. L’objectif est clair : réduire au maximum le risque de transmission sur le territoire national.
Le virus des Andes suscite une attention particulière, car il peut se transmettre entre humains. L’OMS a déjà confirmé six cas parmi les huit cas suspects recensés. Deux autres cas sont actuellement considérés comme probables par l’organisation.
Les personnes présentant des symptômes avaient été évacuées avant même l’arrivée du navire aux Canaries. À ce stade, quatre patients restent hospitalisés dans différents pays. L’un d’eux se trouve en soins intensifs à Johannesburg. Deux autres sont pris en charge aux Pays-Bas, tandis qu’un autre patient est soigné à Zurich. En Allemagne, un patient testé négatif a pu quitter l’hôpital.
Bilan des victimes et risques de propagation
Trois personnes sont décédées après avoir contracté le virus à bord du navire. Un couple de Néerlandais a perdu la vie pendant le voyage. Ces deux victimes avaient séjourné en Amérique du Sud avant l’embarquement. Selon l’OMS, leur contamination serait probablement survenue avant leur montée à bord.
Une citoyenne allemande est également décédée le 2 mai dernier. Le virus de l’hantavirus peut provoquer de la fièvre, de fortes douleurs musculaires et, dans certains cas, des complications respiratoires sévères. Dans les formes les plus graves, l’infection peut devenir mortelle.
Malgré ces décès, l’OMS estime que le risque de propagation à grande échelle reste relativement faible. Le virus ne se transmet pas de la même manière qu’une grippe classique, ce qui limite sa diffusion rapide dans la population générale.
Cependant, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, aussi appelé ECDC, appelle à la prudence. L’agence souligne que plusieurs incertitudes demeurent autour de ce foyer détecté sur le navire. Sa directrice recommande donc une approche de précaution maximale.
L’objectif de cette prudence est d’éviter de nouvelles transmissions en Europe. De son côté, Bruxelles estime qu’il n’y a pas de raison de céder à l’inquiétude. Le risque sanitaire pour le grand public européen resterait limité.
La France préfère néanmoins appliquer des règles strictes. La quarantaine de 40 jours reste la principale mesure de sécurité mise en place pour les passagers rapatriés. Cette stratégie doit permettre de surveiller les personnes concernées tout en protégeant la population.

